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  • daphnemarga

Etre vrai avec soi: laisser s'exprimer les émotions et désamorcer les somatisations

Souvent et inconsciemment nous pensons exprimer ce que nous sommes alors que nous portons également un masque avec nous-même, en plus de ceux que nous portons dans nos interactions avec les autres. Notre déconnexion de notre corps et de nos ressentis nous amènent à nier nos sentiments mais aussi nos émotions souffrantes en leur laissant le moins de place possible.


Chacun de nous sait plus ou moins reconnaître les émotions qui le traversent, cependant nous avons parfois tendance à les minimiser et à ne pas les laisser pleinement s'exprimer, ce dont elles ont pourtant besoin pour circuler librement et faire passer leur message conscient au corps. En effet, les émotions inconfortables ou souffrantes nous submergent, nous ne savons pas quoi en faire ni comment les laisser alors nous les renions et faisons comme si elles n'existaient pas.

Pour ma part, lorsque la tristesse ou la colère apparaissaient, je ne m'autorisais pas à les laisser s'exprimer pleinement. Quand je ressentais de la tristesse, je pleurnichais quelques minutes et refusant d'aller mal, je m'interdisais de m'étendre dessus feignant un sourire pour continuer ma journée en laissant mon émotion de côté. Je cherchais également à m'échapper dans une activité qui me permettait de ne plus ressentir ce trop plein émotionnel (la marche ou le sport intense) ou à mettre en action le mental pour comprendre le pourquoi du comment de cette émotion afin de la mettre à distance. Que de leurres! Je me mentais à moi-même en refoulant cet épisode émotionnel qui nécessitait tout le contraire, c'est à dire que je le laisse me traverser pour le vivre.

Récemment, ma collègue m'a aidée à comprendre cela par une remarque; à ce moment là, je trichais en faisant semblant d'être en forme alors que je ressentais une profonde tristesse que je tentais de camoufler (pas si bien apparemment!). Ayant pris conscience de ce mécanisme, s'en sont suivi 30 minutes de pleurs non stop! Je n'avais jamais connu cela et un apaisement s'en est suivi. Il s'agissait d'une grosse accumulation de larmes qui ne demandaient qu'à couler. Hypersensible et d'un naturel joyeux et optimiste, ressentir la tristesse me dérangeait c'est pourquoi je la rejetais en partie, pensant pourtant réussir à la dompter... alors que mon corps m'indiquait le contraire. Il s'agissait d'un manque de douceur et d'amour envers moi, comme si je me devais de garder le cap. Assez paradoxal pour quelqu'un qui a étudié les mécanismes psycho-corporels et accompagne des consultants sur ce chemin. J'aide les autres avec toute ma bienveillance mais pour moi, cela restait de l'ordre du concept et je m'oubliais en route, ce qui est d'ailleurs souvent le cas chez les thérapeutes.


Exprimer nos émotions désagréables par exemple en criant notre colère et en pleurant notre tristesse, ressentir ce qui fait que nous sommes humains est indispensable pour notre bien-être. Les nier ne les fait pas disparaître mais nous empêche d'être nous-même et de faire ressortir notre belle nature lumineuse. Lorsque nous bloquons l'expression de nos émotions, nous leur donnons le pouvoir d'entraver notre présence ici et maintenant, nous nous déconnectons de la réalité. Les émotions demandent toute notre attention et notre amour afin d'en tirer le meilleur; toute expérience un apprentissage.

Accepter de vivre ses émotions et de les extérioriser permet à notre corps d'en être libéré afin qu'il conserve, ou retrouve, son intégrité et son bon fonctionnement. Les garder en soi cause des maux divers et des maladies pouvant devenir chroniques, seuls moyens pour le corps d'atténuer la surcharge émotionnelle enfouie. J'ajoute d'ailleurs que la somatisation n'est pas une maladie imaginaire mais un symptôme dont l'origine est émotionnelle, venant se loger à un endroit particulier en lien avec notre histoire. Si le message transmis par le corps n'est pas compris et que l'émotion originelle ne peut pas circuler, le symptôme s'auto-entretient pouvant provoquer des lésions tissulaires et des maladies plus graves.


Tout étant lié et intriqué, et l'extérieur étant le miroir de notre comportement intrinsèque (cf l'article "l'extérieur est le miroir de notre intérieur"), en acceptant d'être qui nous sommes vraiment, en laissant tomber nos masques, cela se répercute dans tous les aspects de notre vie (notre système). En donnant à notre vérité la possibilité de jaillir, tant par le vécu de nos émotions et l'écoute de notre petite voix, que par la mise en place de nos projets en accord avec nos valeurs et envies profondes, notre vie et les relations que nous connaissons se modifient peu à peu. Certaines renaîtront de leurs cendres, d'autres n'auront plus lieu d'être tandis que nous attirerons à nous des relations en concordance avec notre véritable nature, loin de tous les personnages que nous avons joués jusque là.


Daphné M.




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